Friday, April 19, 2019

“He’s got the whole wide world in His hands”

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La foi de Dieu suscite la confiance
Prédication de Henk Moorman
 
 
 
Je voudrais commencer par lire Marc 11 :22, où Jésus dit : « Ayez foi en Dieu. En vérité, je vous le dis , si quelqu’un dit à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute pas dans son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, cela lui sera accordé. C’est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et cela vous sera accordé. »
 
Ce texte est très connu. Il y a quelques années, je l’ai souligné dans ma bible. Croire est aussi « faire confiance ».
Tout le monde sera d’accord si je dis que tout commence par la foi. Cela vient de notre éducation chrétienne. Et c’est ainsi que nous distinguons les croyants des incroyants. Ceux qui croient sont appelés croyants et, à l’inverse, ceux qui ne croient pas, les incroyants. Je parle bien entendu de la foi en Dieu. On pourrait dire que c’est la caractéristique essentielle d’un chrétien , avant le fait qu’il fréquente une église ou qu’il possède une bible. Car tout commence par la foi en Dieu.
Avoir cette foi, c’est au moins croire que Dieu existe et que Jésus Christ est Son Fils. Ensuite, les opinions divergent. Comment est Dieu ?  Et comment est Jésus ? Les réponses à ces questions peuvent être très diverses mais il s’agit toujours d’avoir la foi.
 
Souvent, la foi est une chose tellement naturelle, allant de soi, qu’on ne la remet plus en question. C’est la base de notre existence. On vit sa vie de tous les jours sans se poser la question de savoir si on croit encore. Ce n’est pas vraiment automatique mais presque.
Jusqu’au moment où … les problèmes s’amoncellent. Et c’est ce dont je veux parler aujourd’hui.
« Dis à cette montagne de se jeter à la mer… »
Quand les choses vont mal, la plupart des chrétiens pensent qu’ils doivent mettre leur foi en mouvement. Ceci nous a été inculqué. Nous pensons alors que nous sommes attaqués par le malin et que nous devons faire face. Nous devons retrousser nos manches spirituelles et faire en sorte de maintenir notre foi. Alors nous nous approprions dans la foi les promesses et les paroles de notre Seigneur. C’est certainement notre attitude lorsque les difficultés sont grandes comme des montagnes comme les maladies par exemple.
On peut penser alors devoir gonfler sa foi à bloc et miser le tout sur le tout car sinon … on pourrait aller à la catastrophe.
Et, si malgré cela, on n’obtient pas ce que l’on a prié, on se demande si on a eu trop peu de foi ou bien si on a cru d’une mauvaise façon. Et c’est souvent ce que d’autres chrétiens disent.. Comme cela est triste.
 
Mais peut être est ce parce que nous n’avons pas assez de la foi dont parle Jésus ; je veux dire la foi qu’on oppose à l’incrédulité.
Nous connaissons l’histoire du jeune homme possédé de Marc 9 : 14. Là les disciples se demandent pourquoi ils n’ont pu obtenir la guérison du garçon. Et Jésus leur répond : A cause de votre incrédulité. On peut donc appeler les disciples une race incrédule ! Et Jésus se demande combien de temps il pourra encore supporter ces incrédules.
La race incrédule, ce ne sont pas des humains. Ce sont des esprits malins dans le monde invisible. Jésus les appelle : la race incrédule.
L’incrédulité est aussi une foi, mais alors, celle qui va dans le sens opposé. Elle va dans le sens d’incapacité, de malheur, de manque d’amour et d’inconsidération. Elle va dans le sens de tout ce qui est mauvais. Et cette incrédulité est aussi une force. D’ailleurs Jésus dit : qu’elle ne sortira pas en y opposant leur force spirituelle. Parce que la foi des disciples n’est pas si forte. Ils n’ont qu’une petite foi.
Est-ce grave de n’avoir qu’une petite foi ? Non, pas du tout. Jésus n’a-t-il pas dit : si vous avez la foi d’un grain de moutarde, cela suffit. C’est tout petit mais cela contient un germe !
Non, il s’agit plutôt de la qualité de notre foi. Il faut que notre foi soit telle qu’elle puisse opposer quelque chose à la race incrédule et chasser celle-ci. Et comment cela se fera-t-il ? En priant en en jeûnant, notre foi deviendra ferme et profondément enracinée. En priant en en jeûnant, nous nous rapprocherons de Dieu.
L’image que nous avons de Dieu est déterminante pour notre attitude. Si nous pensons que Dieu dit aux croyants : «  Voici mon évangile, voici les vérités de mon Royaume et maintenant, c’est à vous de les réaliser par la foi. » alors c’est comme si Dieu regardait à distance pour voir comment nous nous débrouillons. Et qu’Il est plus ou moins déçu de nos prestations, de ce que nous réalisons par la foi.
Si c’est notre conception de la foi, alors croire est pour nous une sorte de prestation de force. Avons-nous alors suffisamment de foi et de force spirituelle pour faire la volonté de Dieu, pour réaliser Sa parole et vaincre l’ennemi ? Alors l’évangile est une compétition.
Il est très bon de croire et pour certains croire n’est pas différent de faire confiance. Mais, pour d’autres, l’idée de croire a quelque chose d’une prestation. Et alors, cela peut devenir un joug, une charge dans le sens : ‘ Nous devons croire sinon nous allons déplaire à Dieu’.
 
Je voudrais plaider pour une autre conception de la chose. Je vais déplacer le point focal. Je vais dire que c’est Dieu qui croit et nous, nous faisons confiance. Et c’est mon point de départ. Dieu croit en nous et Il veut que nous Lui fassions confiance. Nous Lui faisons confiance et nous nous confions en Lui. De cette façon, on retourne les rôles. Cela nous donne du repos et c’est exactement le but de l’évangile. « Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et Je vous donnerai du repos » dit notre Seigneur.
 
Dans le Nouveau Testament, on rencontre très peu le mot ‘confiance’ mais on rencontre très souvent le mot ‘foi’. Dans l’Ancien Testament par contre, c’est exactement le contraire. Surtout dans les Psaumes. Dans aucun autre livre, le mot ‘confiance’ s’y lit autant de fois.
Nous connaissons : Confiez-vous en l’Eternel et Confie toi en l’Eternel, c’est Lui qui agira ; Heureux celui qui place en l’Eternel sa confiance et dans Proverbes 3 : Confie-toi en l’Eternel de tout ton cœur  et c’est Lui qui aplanira tes sentiers. Si une guerre s’élevait contre moi, je serais plein de confiance.
Il y a une multitude de textes qui parlent de la confiance à mettre dans notre Dieu.
Dans le Nouveau Testament, on a remplacé ce mot par ‘foi’ mais c’est la même chose. Et ce mot signifie aussi fidélité, fiabilité, garantie.
En fait, ce mot s’applique plus à Dieu qu’à nous.  Si on prend le mot ‘foi’, on pense à quelque chose que nous devons faire : croire et avoir confiance. Mais si on pense à la signification de fidélité et fiabilité, ce mot ne parle pas tant de nous mais de Dieu. C’est Dieu, en qui on croit, en qui on met sa confiance, qui est fidèle et fiable. Et la garantie est une chose qui nous parle de fermeté, d’assurance et de protection. Ce sont aussi des propriétés de Dieu. Le mot ‘garantie’ est apparenté au mot ‘forteresse’.  Notre Dieu est une forteresse où nous sommes en sécurité.
 
Dieu est Celui qui génère la confiance auprès de nous, c’est Lui qui suscite notre foi. Vu de cette façon, ce n’est plus à nous de ‘prester’ la foi. Plutôt que d’édifier notre foi suffisamment, il s’agit d’apprendre à connaître Celui qui suscite la foi. Parce que plus j’apprends à Le connaître, plus la confiance, la foi s’éveillera en moi. Je ne dois donc plus édifier ma foi moi-même car elle est générée. Je trouve ce mot merveilleux : générer, susciter la foi. Il est donc beaucoup plus important d’apprendre à Le connaître toujours davantage.
Il y a tant à croire. Est-ce que je crois tout cela ? Et de la bonne manière ? Pour ma part, on peut jeter tous ces manuels qui dictent les sept pas vers la foi ou vers la guérison, etcétéra, où on se demande si on est bien dans la bonne direction. Et où on pense que si on ne le fait pas bien, cela ira mal.
 
Jésus ne travaille pas ainsi. Lorsque les contemporains de Jésus entendaient ce mot que nous avons traduit par ‘foi’, ils entendaient surtout qu’on parlait d’une des propriétés de Dieu ! Donc ils n’entendaient pas en premier lieu l’appel à mettre leur foi en mouvement, mais ils entendaient l’annonce de la fiabilité de Dieu et de l’assurance qu’Il offre. Bien sûr, Jésus est venu apporter la vérité et c’est à nous à y accorder foi. Mais il est plus facile de croire quelqu’un qu’on a appris à connaître. On peut alors lui faire confiance : c’est aussi simple que cela.  Et on ne croira pas les paroles de quelqu’un à qui on ne fait pas confiance. Croire ou ne pas croire a à voir avec avoir une relation constante avec la personne qui parle.
 
Il s’agit d’être familier avec celui qui parle ; plus encore : être en totale confiance avec lui.
Comprenez-vous qu’il ne faut pas se battre contre cette race incrédule, ces puissances ennemies qui veulent faire croire dans le sens de malheur et de non-amour.  Cette race ne sort que par le jeûne et la prière. Jeûner et prier n’est rien d’autre que consolider notre relation avec notre Père. Prier, c’est rechercher le silence avec Dieu. Isolez vous dans votre chambre intérieure, dit Jésus, cherchez-Le dans le secret.  Et jeûner n’est rien d’autre que se séparer de ce qui peut nous détourner de la prière. Pour certains cela signifie en effet ne pas manger. Et cela est bon mais ce n’est pas l’essentiel. Jeûner c’est se détacher de choses de ce monde pour s’approcher du Père. Jésus nous a fait connaître Dieu comme un Père. Et ceci était révolutionnaire : Dieu est un Père ! C’est pour cette raison qu’on a voulu lapider Jésus. Plus encore que pour la doctrine que Jésus apportait, on ne supportait pas de l’entendre appeler Dieu son Père. On peut le lire dans Jean 5 :18.
Un père ne dit pas à ses enfants : croyez suffisamment en moi. Mais, un père dit : faites-moi confiance, je suis là pour vous. Et mieux encore : un père ne dit pas cela mais il le fait.
 
Ainsi, on peut se débarrasser d’une manière de croire qui ne rend pas libre, mais qui est une charge qui pèse comme un joug.
Ainsi on n’aura plus de discussions sur ce qu’il faut nécessairement croire ou pas. On ne devra plus argumenter avec des versets bibliques pour prouver qu’on a la bonne réponse. Il faut au contraire s’orienter sur Dieu comme Père. Cela nous rassemble beaucoup plus. Ainsi on pourra parfois se dire : Nous avons des vues différentes sur certaines choses mais cela n’a pas d’importance parce que nous sommes frères et sœurs et nous avons un même Père.
Bien sûr, il peut arriver qu’on diverge tellement sur des points essentiels, qu’il est préférable de se séparer avec amour et respect. Continuons à nous bénir mutuellement parce que nous montons peut être à la même montagne, soit sur des versants différents mais au sommet, nous nous rencontrerons. Laissons le jugement à Dieu.
 
Ne nous tracassons donc pas de savoir si nous croyons de la bonne manière. J’ai entendu un jour dire : « si tu ne crois pas ceci, tu donnes une gifle à Dieu. »  Quel dommage de parler ainsi de Dieu. Je pense alors à Moïse qui frappait le rocher pour en faire jaillir l’eau. Nous pensons : Dieu l’a dit et c’est à nous à le réaliser même par la violence. Certains pasteurs ont employé ces méthodes. Sans doute, les intentions étaient bonnes mais, quelle terrible image de Dieu qu’ils ont donnée là. Elle n’a rien à voir avec la réalité de Dieu. Car en Lui il n’y a pas de trace de ténèbres et donc pas de trace de violence.
Si nous osons retourner les rôles, c’est-à-dire laisser Dieu croire en nous et nous, Lui faire confiance, nous serons dans le repos. Nous connaîtrons la grâce. Qui est aussi repos. En latin, la grâce, c’est gratia. Comme la grâce qu’on accorde aux coupables qu’on gracie.
Au 7ièmesiècle, des moines irlandais sont venus apporter l’évangile à l’Europe du Nord-Ouest, ils employaient le mot ‘gratia’ parce que le latin était alors la langue de l’église. En anglais, c’est devenu ‘grace’ et dans les autres pays du continent  ils ont employé un mot germanique qui signifiait repos, soutien, secours. Je trouve ceci beau.
Au cours des siècles, on a un peu oublié le sens de ce mot. Quand on entend le mot ‘grâce’, on pense  que Dieu nous a pardonnés et acceptés et qu’on n’a rien mérité mais que tout est grâce. On met très fort l’accent sur : nous n’avons rien mérité. C’est un peu comme si on n’en valait pas la peine pour Dieu.
 
Grâce est repos. Nous avons un Dieu qui est notre Père et auprès de Qui nous pouvons nous reposer. Grâce c’est être à l’aise. On peut être à l’aise auprès de Dieu parce qu’on peut être soi-même auprès de Lui.
La grâce est un secours, un soutien que nous donne Celui auprès de qui nous pouvons être faibles. Nous pouvons Lui dire : je n’en peux plus ; je ne sais pas comment faire. Seigneur je cherche mon secours auprès de toi. Je veux m’appuyer sur Toi et trouver un abri auprès de Toi. Et notre Père répondra : OUI, Je suis là pour toi.
Le sens primitif de ‘grâce’ est : faveur. Dieu nous accorde une faveur. Et Il le fait gratuitement, sans que nous ayons à Lui fournir une contre-prestation. Nous sommes ses favoris et Il partage volontiers. Et aussi : Il nous aime. Quand Il nous voit, Il dit : Ah te voilà et Son visage s’éclaire ! Il est heureux de nous voir. Nous sommes ses favoris.
La grâce signifie aussi bienfait et affection. Toutes ces choses ne se méritent pas mais on les reçoit.
Nous avons du mal à accepter ces choses parce que nous voulons toujours tout faire nous-mêmes. Nous voulons montrer que nous sommes capables et que nous méritons. Mais le Père dit : « Mon enfant bien-aimé, assieds-toi  et laisse-toi aimer .Sache que je t’aime, que tu as ma faveur. »
 
En effet, nous ne l’avons pas mérité et c’est le centre de notre foi chrétienne.  Dieu ne nous donne pas selon nos mérites mais selon nos besoins. Et c’est infiniment plus que ce que nous méritons. Je suis convaincu que ce qui distingue la chrétienté de toutes les autres religions, c’est la grâce. Chaque autre religion est totalement étrangère à la grâce. Ces religions demandent qu’on réalise le but final d’une façon ou d’une autre, soit en accomplissant toutes sortes d’obligations soit en se vidant soi -même de son contenu jusqu’à en perdre sa propre identité. J’ai lu un  article sur la conversion d’une jeune musulmane au christianisme. Elle raconte que l’essentiel de sa foi était l’obligation de suivre toutes les règles et prescriptions de l’Islam, comme prier 5 fois par jour le visage tourné vers La Mecque, etcétéra. Mais, à son désespoir, elle n‘y arrivait jamais Dans beaucoup de religions il s’agit d’obéir aux commandements.
Et je suis également convaincu que cela est aussi le cas de beaucoup de chrétiens. Pourtant dans l’évangile, Jésus dit : voici le pardon, il est gratuit : il n’y a rien à faire pour l’obtenir. Je te donne la justification et l’agrément de Dieu.
C’est la force de la foi chrétienne. J’en suis convaincu. Maintenons ceci fermement.
 
 
En lisant un compte rendu d’une mission en Amérique du Sud, j’ai vu que la plus grande préoccupation des missionnaires était : la pauvreté, la drogue et les grossesses d’adolescentes. C’était ce dont ils s’occupaient le plus. Il est très louable de s’occuper ainsi des problèmes de notre prochain. Mais si ces choses prennent toute notre énergie et toute notre attention, nous oublierons le plus important : la grâce.
Nous ne sommes pas meilleurs que le monde dans notre lutte contre la pauvreté, la drogue et les grossesses d’enfants. Bien sûr, lorsque nous apportons l’évangile, nous devons aussi regarder aux besoins naturels des hommes et les y         aider. Mais, ce que nous avons à donner au monde, c’est la grâce. C’est cela que le monde attend car, dans le monde, tout tourne autour de la non-grâce, le contraire de la grâce.
Le cœur de la grâce est l’œuvre accomplie de Jésus Christ. Et c’est aussi le cœur de notre message. Ne nous laissons jamais enlever ceci. Jésus s’est sacrifié pour moi et pour tous de sorte que nous ne devons plus prester et nous justifier nous-mêmes. Nous ne devons plus mériter notre justification.
Oui, la grâce donne du repos et de la confiance en la bonté de Dieu. Il va de soi qu’Il va nous donner ce dont nous avons besoin.
 
Quel est le rôle de Dieu ? Donnons à Dieu le rôle de celui qui croit. Car Dieu croit en l’homme depuis des milliers d’années. C’est pourquoi Il leur a donné la liberté. Je vais le retourner : dans le fait qu’Il leur a donné la liberté de choisir, il semble bien qu’Il croit en l’homme. Car s’il n’en était pas ainsi, il n’aurait jamais donné le libre choix à l’homme. Il les aurait programmés afin qu’ils ne fassent que ce qui Lui plait. Dieu n’a pas agi ainsi parce que Dieu croit en l’homme. Dieu désire que les hommes disent de leur plein gré : je choisis pour Dieu, je choisis pour un tel Père.
Dieu croit en nous, Dieu croit en vous. Je trouve cela tellement fort et quand j’y pense, cela me réchauffe. La conscience que Dieu croit en moi me donne l’énergie pour continuer, non pas dans mes prestations mais dans l’image que j’ai de moi et qui je suis.
 
En sociologie, il y a une théorie qu’on appelle la théorie du miroir. Elle dit que l’homme devient ce que la personne la plus importante pour lui pense de lui. Donc, ce que les personnes qui sont les plus importantes dans notre vie, pensent de nous est déterminant pour notre devenir. Et ceci se vérifie dans la pratique tant dans le sens positif que négatif.
Par exemple, l’enfant qui entend régulièrement : tu ne vaux rien et tu ne deviendras jamais quelqu’un de bien va se comporter de telle manière et la prophétie va se réaliser.
La personne la plus importante est souvent le parent ou l’éducateur. Ce peut également être un professeur, un grand-père ou une grand-mère. Chacun a une ou plusieurs personnes qui sont très importantes pour lui et ces personnes sont déterminantes pour l’image qu’on a de soi. Et parfois, cela se passe de paroles.
Quelqu’un m’a dit un jour : mes parents étaient des indépendants et ils avaient un commerce. Ils devaient travailler très dur pendant de longues journées. A cause de cela, ils n’avaient pas de temps à accorder à leurs enfants. Je grandissais avec l’idée que je ne valais pas la peine qu’on m’accorde de l’attention.  Voilà donc le message que cet enfant avait retenu non pas à cause de ce qui avait été dit mais à cause de la situation de la famille. Un enfant ne comprend pas que ses parents ne peuvent pas faire autrement. Il remarque qu’on ne l’écoute pas et il en conclut qu’il n’en vaut pas la peine. Il croit que personne n’est intéressé en lui. Et il va se comporter de cette manière. Gris, effacé, timide avec une piètre opinion de lui-même.
 
Ceci n’a rien à voir avec la culpabilité. Ce sont simplement des choses qui arrivent. Il y a un tas d’autres variantes qui font qu’un enfant reçoit un certain message pour sa vie.
Il arrive aussi que des personnes grandissent avec des attentes très élevées. Il arrive que des parents ou des éducateurs disent : je n’ai pas pu ou je n’ai pas eu l’occasion  de faire des études ou de m’élever dans la classe sociale et j’attends que mon enfant le fasse. Ceci peut devenir un joug pour l’enfant. Là aussi il va agir en conséquence : cette personne va toujours être occupée à prouver qu’elle satisfait à cette attente élevée.
Il y a quelque temps, j’étais à la cérémonie d’adieu d’une personne importante qui prenait sa retraite. Je l’avais fréquentée pendant bien des années et je n’avais jamais vu d’émotion auprès de cette personne. Tout l’indifférait, apparemment en tout cas. Il était une figure très forte. Lorsque finalement il devait prendre la parole, il évoquait son père décédé quelques années auparavant. Il disait : j’aurais aimé que mon père soit présent ici. Et, tout à coup, sa voix s’étrangla. Pour la première fois, je voyais de l’émotion. J’ai pensé que pendant toutes ces années, il s’était occupé à montrer qu’il répondait aux idéaux qu’il avait reçus de son père. Quelle tristesse : ne jamais pouvoir être faible, toujours être occupé à satisfaire à l’image de la personnalité inviolable.
 
Ce que ces personnes importantes ont dit ou pensé ou montré peut être déterminant dans la vie de quelqu’un. On peut porter cette image toute la vie durant et elle va déterminer le comportement.
Heureusement, cela est aussi vrai dans le sens positif. Je pense à l’histoire de l’évangéliste David Wilkerson et Nicky Cruz. Cette histoire vraie est décrite dans le livre intitulé : The Cross and the switchblade.  Peut être connaissez vous cette histoire.
Un jour, l’évangéliste David Wilkerson organise un meeting d’évangélisation dans un quartier mal famé à New York. Il a invité des membres d’un gang de jeunes et leur chef Nicky Cruz. A un moment donné, l’évangéliste demande à ces délinquants de faire la collecte. Tout le monde pense que ce n’est pas une bonne idée et que l’argent sera volé. D’autant plus que pour apporter l’argent sur le podium, il fallait sortir de la salle et être ainsi quelques instants hors de la vue. Mais, à la surprise générale, les jeunes arrivent sur le podium avec l’argent.
Je me dis que ces jeunes ont pensé : Voilà quelqu’un qui a confiance en nous ; il croit que nous sommes capables de rapporter l’argent, nous qui sommes rejetés de la société !
Cette confiance a eu tellement de force que cette chose pratiquement impossible arriva. C’est ainsi que Nicky Cruz s’est converti.
Je trouve cet exemple magnifique. Voilà le résultat de la confiance positive de quelqu’un.
Focalisons nous donc sur ce que le Père pense de nous. De cette façon nous n’aurons plus à nous battre contre les fausses images qui nous ont été imposées par des humains. Car, continuer à se battre contre cette image pour prouver qu’elle est fausse c’est se battre contre des ombres du passé. Alors que nous avons reçu cet évangile qui nous dit : Voici quelque chose de meilleur qui annule les vielles images, qui rend sans effet les vielles sentences. Oublie le passé, tu as reçu quelque chose de meilleur. Ce qui est vieux disparaît quand le neuf grandit et devient plus fort. Nous ne devons pas prouver qu’ils avaient tort de penser négativement. Le Père le sait et Lui pense beaucoup mieux à notre sujet.
Nous ne devons pas prouver que nous sommes de bonne volonté . Le Père le sait et Il croit en nous. Que croit-Il ? Selon moi, Il croit qu’Il peut Se manifester en nous, Il peut Se faire valoir en nous. La bible dit : « Et il arriva en ces jours-là ». Et ceci continue : il arrive en ces jours-ci. Qu’arrive-t-il ? Dieu arrive en nous et dans la mesure où nous sommes conscients qu’Il croit en nous.
 
Je pense que les rôles doivent être inversés. Dieu dit : Je crois en toi. Vivons donc comme quelqu’un en qui on croit. Il n’y a pas de mot pour désigner une telle personne. Quand quelqu’un nous aime, on est ‘aimé’. Quand quelqu’un croit en nous, on est …Il n’y a pas de mot mais vous pouvez en inventer un.
 
Amen.
 
 
 
Prions
 
Seigneur Jésus , merci pour cet évangile précieux. Comme je suis content Seigneur de ce que Vous soyez venu. Vous avez tellement donné, vous avez donné votre propre vie afin que nous puissions vivre par grâce. Seigneur, je suis heureux parce que nous arrivons petit à petit à voir cette vérité que vous êtes venu apporter. Nous voyons de plus en plus le Père tel que vous nous l’avez fait voir. Merci Seigneur parce que nous pouvons nous y reposer. Merci parce que la foi n’est pas une prestation mais elle est une réalité vivante dans notre existence. Seigneur, quelle richesse de savoir que Vous croyez en chacun de nous. Ceci nous donne de l’énergie et de la force de vie. Ceci est réellement une bonne nouvelle.
Merci pour cela.