Tuesday, October 22, 2019

“He’s got the whole wide world in His hands”

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Repos et restauration – Psaume 42
Duurt Sikkens
 
 
 
Bonjour frères et sœurs, Voulez-vous rechercher avec moi le Psaume 42 ? Je lis les trois premiers versets :
« Comme une biche soupire après des courants d’eau
Ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu !
Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant :
Quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? « 
Ce psaume est un poème didactique et je l’aime beaucoup et c’est pourquoi je vais vous en expliquer certains aspects.
L’auteur de ce psaume ne se trouve pas en Palestine. Il séjourne loin de Jérusalem car il se trouve contre son gré dans un pays étranger.
Dans le verset 7 on lit qu’il est en fait dans le pays au nord de son pays d’origine. Il soupire après sa patrie. L’endroit où il se trouve est un endroit de malheur. C’est pourquoi il soupire après Jérusalem qui est le lieu du salut, le lieu où on reçoit la guérison.  Dans la bible, le malheur vient souvent du nord.
Comment le psalmiste est-il arrivé là ?  Peut être a-t-il été déporté ?  C’est contre son gré qu’il se trouve là et il désire ardemment le temple dans la ville de Jérusalem.
Dans ma bible, ce psaume a été intitulé : Nostalgie, ou, en néerlandais : « heimwee ». « heim » signifie maison et « wee » signifie douleur.  C’est donc la douleur qu’on éprouve quand on est loin de sa maison.  C’est la douleur de l’exil. Pensons au fils prodigue qui éprouvait lui aussi la nostalgie. Il se dit : « Ah, si j’étais à la maison ».
Ici, le psalmiste compare son âme à une biche qui soupire après les eaux des ruisseaux. Car la bonne traduction de l’hébreu ce sont les eaux des ruisseaux.
Comprenons bien de quoi il s’agit. Dans le Psaume 104 verset 10, nous lisons « Il envoie des sources pour les torrents. »  Ceci signifie que là où les lits des torrents sont secs, Dieu envoie des sources.
Il envoie des sources pour les torrents qui coulent entre les montagnes. Les lits de ces torrents sont l’image des hommes. Et, nous, nous avons reçu ces sources de Dieu sur nos lits de torrents secs. Cela nous est arrivé et nous avons reçu une source. Plus encore, nous sommes devenus des sources. C’est Dieu qui a fait cela et une source est une image de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint a fait de Jésus une source parce que c’est l’Esprit qui vient de Dieu. Dieu est la source de toutes choses et Jésus a reçu une part de cela.
Si nous avons reçu cette source, nous sommes devenus nous-mêmes une source et nous n’avons plus jamais soif. Nous ne soupirons plus comme une biche après l’eau. Pendant la fête des Tabernacles à Jérusalem, Jésus se leva et se mit à parler à la foule des gens qui se trouvaient là et il dit : «  Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive et des fleuves d’eau vive couleront de son sein » (Jean 7 :37,38).  Les gens de la foule disaient : Celui-ci est vraiment un prophète, d’autres disaient : il est le Christ mais d’autres encore disaient : ce n’est pas possible. Il y avait donc division parmi la foule. Ceci arrive chaque fois qu’on raconte la parole de Dieu.
Donc, notre Jésus a crié ces paroles-là à la fête des Tabernacles.
En principe, chaque être humain est un lit de torrent. Et Dieu a le regard tourné vers tous les êtres humains et ceux qui ont reçu l’Esprit, ceux-là sont devenus des sources d’eau vive.
Celui qui a soif doit pouvoir venir à moi, à nous, à vous pour recevoir de l’eau. Nous pouvons leur donner à boire. Nous vivons dans la terre promise spirituelle, le royaume de Dieu. La terre promise c’est la terre de l’Esprit de Dieu. C’est là que Dieu habite. Dieu habite dans les hommes qui croient en Lui et qui ont reçu Son Esprit saint.
Il y a cependant des gradations dans les croyants. Par exemple, certains croyants vivent encore hors de la terre promise. Ils n’ont pas part à l’Esprit de Dieu. Et ils sont nostalgiques. Bien sûr, ils croient que Dieu existe et ils espèrent que, lorsqu’ils mourront, ils iront vers Son royaume. Ils ont un vague espoir, mais ils sont souvent opprimés et ils doutent facilement. Cela se remarque dans les formulations d’annonces de décès. Elles parlent plus d’espoir que de certitude.
J’ai vu une interview avec un cardinal. Le journaliste qui lui posait les questions lui demanda : « Quel sera finalement votre sort ? »  Et le cardinal en eut les larmes aux yeux. Il répondit : « Je prie que le Seigneur aura pitié de moi. » J’ai pensé alors  que Jésus l’avait déjà fait depuis longtemps, depuis Golgotha.  J’avais envie de lui dire : « Ami, lis dans ta bible 2 Corinthiens 6 :18 ».
Ensuite il y a des croyants qui habitent la terre promise et qui ont une meilleure vision du royaume de Dieu. Ils en parlent. Un exemple frappant est le malfaiteur qui fut crucifié à côté de Jésus.et qui dit : « Jésus, souviens toi de moi quand tu seras dans ton règne «  et Jésus lui répondit : « Viens avec moi ».  Quelle foi avait donc ce brigand ! Il croyait dans le pardon des péchés, l’effacement de la dette et l’entrée dans le Royaume.  Tu seras avec moi dit Jésus et ce malfaiteur était le premier planté dans le paradis. Une toute petite plante en quelque sorte, peut être rien qu’une mousse, mais il y était !
Il y a encore la catégorie des croyants qui habite dans la Jérusalem céleste. Qui sont-ils ? On peut le lire Psaume 87 v. 5. Ce sont des personnes de tous horizons : des Philistins, des habitants de Tyr, des Maures, etc. Nous lisons dans ce psaume qu’ils sont nés dans Jérusalem. Ils sont donc nés à nouveau.  La Jérusalem céleste est leur patrie. Paul dirait : « Vous êtes des citoyens du ciel. »
Dans cette ville il y a un temple, c’est la maison de Dieu. Et qui habite ce temple ? Ce sont ceux qui sont baptisés d’Esprit Saint. Dieu habite en eux.
Dans le psaume 42, le psalmiste en exil désire ce temple, la maison de Dieu.  En fait, il désire avoir ce que nous vivons ici.  Les prophètes en ont parlé, ils ont prophétisé sur nous !
Comme dit le dernier verset du Psaume 23 : mon habitation sera la maison de l’Eternel !  Pierre dit dans 1Pierre 1 :10 et suivants qu’ils prophétisaient pour nous.  Et ils ont souvent risqué leur vie pour cela. Pourquoi ? Parce que ceci est dur à accepter. Qui le croit ? Et il s’agit surtout de ce qui se passe en nous de façon invisible. Le psalmiste désire paraître devant la face de Dieu.  Que signifie ceci ?  Il y eut un temps où ceci m’effrayait : un jour je serai confronté à la face de Dieu et alors, s’Il a la face dure, j’irai en enfer. Quelque chose comme ça. Et il y a encore beaucoup de personnes qui ont peur de Dieu, même chez les  Pentecôtistes .
Cet exilé désire paraître devant Dieu ! Il désire voir le visage de son Père !
Dans Nombres 6 :25, Moïse dit : « Que l’Eternel fasse briller Sa face sur toi ! » Ainsi, nous recevons la lumière de la face de Dieu. Nous venons ainsi nous-mêmes à la lumière. Notre vrai visage, c’est notre visage dans la lumière, dans la vérité.
Dans Ps.42verset 3, nous lisons : « Quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? »
Donc, il faut aller, il faut faire un pas ; cela suppose qu’on marche d’un territoire vers un autre. Il faut sortir d’un lieu et entrer dans un autre. Dieu dit : Je garderai tes sorties et tes arrivées (Ps. 121 :8)
Quittons donc l’Egypte et entrons dans le désert et quittons le désert pour entrer dans la terre promise et entrons dans le temple.  Oserons-nous ?
En hébreu, dans le verset 3, on parle des faces (de Dieu) au pluriel. C’est intéressant. Quand viendrai-je et verrai-je les faces de Dieu ?  Pourtant notre Seigneur Dieu est un ! Mais Il a tant de couleurs ou de faces. Ici, je vois les visages de Dieu.  Et, non pas ce que je vois à l’extérieur mais ce qui est à l’intérieur.  Le poète de ce psaume espère NOUS rencontrer de sorte que son identité vienne à la lumière. Et cela se fait lorsque nous racontons aux autres du dehors comment Dieu les voit. Nous pouvons alors leur dire qui ils sont vraiment. Nos yeux sont des lampes disait Jésus. Il comparaissait nos yeux à des lampes. Donc si nous regardons les hommes avec la vision de Dieu, nous leur donnons de la lumière, nous leur donnons la vision que Dieu a d’eux et ainsi ils viennent à la lumière.  Quelle belle responsabilité nous avons là !
Dans 2 Corinthiens 3 :18 nous lisons : « nous tous, qui le visage dévoilé, reflétons comme un miroir la gloire du Seigneur. »  Comme ceci est beau, n’est-ce-pas ?  Et remarquez qu’il s’agit de ‘nous tous’.
Donc, vous reflétez l’amour de Dieu et vous faites tomber cet amour sur un humain, sur des chrétiens en exil, sur des étrangers spirituels. Criez-leur : Venez vers la maison de Dieu.
Est-ce que nous nous réalisons suffisamment que nous reflétons tous ces aspects du caractère de Dieu ? Nous sommes des lumières et nous sommes chacun  une partie de la parole de Dieu. Nous sommes les paroles vivantes de Dieu car nous parlons des paroles de vie éternelle. Donc, nous pouvons dire que le psalmiste désire avoir ce que nous avons !
Dans le Nouveau Testament, trois écrivains, Jacques, Pierre et l’auteur de la lettre aux Hébreux se sont adressés explicitement à des croyants étrangers. Ils les ont appelés : ceux de la ‘diaspora’. Dans Hébreux 12 :22 nous lisons : « vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades d’anges, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux. »
Qu’entend-on par ‘vous’ ? Ce sont des hébreux qui se sont approchés de nous qui sommes la ville du Dieu vivant.
Le verset 4 de Ps. 42 dit : mes larmes sont ma nourriture. Cet homme est donc très triste et nostalgique. Dans le verset 6, il s’adresse à son âme. Elle est abattue, prosternée, car une main la tient courbée ; quelqu’un l’opprime.  Cela arrive sans qu’on le demande. Pourquoi ? Pas seulement parce que l’âme est en exil mais aussi parce qu’on lui dit tout le temps : Où est ton Dieu ? (v .4b) Et il répète dans le verset 11 : mes adversaires me déshonorent en me disant tout le temps : où est ton Dieu ?  Connaissez-vous ces adversaires ?  Qui ne les connaît pas ? N’étiez-vous jamais au chevet d’un malade ou en conversation avec quelqu’un de désespéré ? Et n’avez-vous pas entendu dire tout haut ou n’avez-vous pas entendu cette voix intérieure vous dire : Où est ton Dieu ?
Oui, n’est-ce-pas ? Peut-être avez-vous crié dans votre propre désespoir : Où es-tu, mon Dieu ?
Jésus aussi, quand il était attaché à la croix, Lui, l’innocent condamné à mort, souffrant horriblement et sous une terrible pression spirituelle, il les a entendu crier : « Il a mis sa confiance en Dieu, eh bien, que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. »Matt.27 :43.
Revenons au psaume 42 v. 11 : « Mes os se brisent quand mes adversaires me déshonorent.. » Dans la tradition juive, les os sont parallèles à l’identité de quelqu’un. Les os forment la charpente qui maintient notre corps. Sans les os, nous ne serions qu’un tas mou. Donc ils sont image de notre identité. C’est une belle image. C’est peut être pour cette raison que les os de Jésus ne sont pas brisés quand il est attaché à la croix. Il n’a jamais perdu son identité, quoi qu’on lui fasse. Ceci m’émeut. Il est toujours resté lui-même. Savoir rester soi-même aussi quand on doit souffrir beaucoup. C’est possible mais c’est un combat. Il arrive qu’on soit mis tellement sous pression spirituelle qu’on se demande comment survivre. Et, en plus, comment conserver son identité, son identité divine surtout, celle que Jésus a obtenue pour nous.
Le diable veut que nous perdions notre origine divine ou que nous abandonnions d’y croire. Il veut nous faire perdre le visage dans lequel Dieu se reconnaît Lui-même afin que nous ne reflétions plus la gloire de Dieu.  Notre âme peut être tellement en exil ! Tellement spoliée de son identité que l’on n’est plus ce que l’on est.  Bien sûr, ceux qui nous aiment savent bien qui nous sommes mais notre âme est prisonnière comme un oiseau en cage. On ne s’y sent pas bien et on ne peut pas y déployer ses ailes.
Quand on perd son milieu naturel, sa patrie, on souffre, on connaît la nostalgie. Et cela peut nous détruire.
Le psalmiste dit dans le verset 5 : « je répandais mon âme au-dedans de moi « 
Pourquoi le poète s’épanche-t-il dans son propre cœur ? Sans doute parce qu’il n’a personne à qui se confier ; il est donc obligé de s’en sortir tout seul. Et c’est triste de ne pas avoir de frère ni de sœur à qui parler.
Dans le psaume 37 :5 il y a ce texte archiconnu : «  Remets ton sort à l’Eternel et c’est lui qui agira. »  Une autre traduction dit : « Roule ta route vers l’Eternel, fie-toi à Lui… »
En anglais cela se traduit par : »disclose thy way to the Lord »  C’est-à-dire : ouvre ta route à l’Eternel et fie-toi à  Lui. Cela suppose qu’Il écoute.
Mais, si nous le faisons ensemble avec le Seigneur, nous pouvons être dans l’erreur. N’avons-nous pas des frères ? Qui parmi nous est digne de confiance de telle sorte qu’on puisse lui confier un secret sans devoir craindre d’être mal jugé ou condamné? Sommes-nous vraiment dignes de confiance ? Quand on ose confier son âme à un frère, cela soulage. On respire à nouveau et on est déchargé d’un fardeau. Dieu a une oreille attentive et nous aussi, si nous Lui ressemblons. Nous serons des personnes de confiance.
C’est comme si on est dans le désert et que quelqu’un vient à notre rencontre. Il nous donne la main et ensemble, nous quittons le désert. Deux personnes dont le chemin se croise et qui marchent ensemble : comme c’est beau.
Ainsi nous guérirons. Quand nous nous confions nous-mêmes et quand nous faisons confiance à quelqu’un, notre inquiétude disparaîtra. Et nous recevrons la guérison.
Il arrive qu’on fasse des erreurs, mais l’intention était bonne. Et alors, on voit que quelqu’un guérit intérieurement. Cela se voit.
Le dernier verset de ce psaume (v. 12) dit : je célèbrerai encore les saluts de Ses faces, Eternel ! » C’est également ce qui se trouve dans le dernier verset du psaume suivant (43)
Cela peut aussi être : le salut ou la délivrance de ma face. Car Dieu délivre notre face, notre identité.
Nous pouvons laisser luire la lumière de Dieu sur notre caractère et Il nous racontera qui nous sommes réellement. Qu’en pensez-vous ? Dieu est notre créateur et donc aussi notre ‘réparateur’ ou notre restaurateur car Il sait ce qu’est un être humain.
Nous ne perdrons pas la face, nous ne perdrons pas notre propre ego, notre âme, notre propre moi, qui nous sommes.
Nous ne sommes plus en exil : c’est en tout cas ce que je vois chez plusieurs d’entre nous et cela donne consolation et quiétude. C’est dans notre relation avec le Père que cela se fera.
C’est la nouvelle alliance que Jésus a établie, une alliance renouvelée. Le nouveau pacte est une relation renouvelante. Toutes choses sont rétablies en nous.
Jésus peut ainsi dire à son Père en nous désignant : « Voyez, je rends toutes choses nouvelles. Je commence dans l’homme car la séparation entre le bien et le mal commence dans la maison de Dieu, à l’intérieur de nous. Voyez le texte de 1Pierre4 :17 : le jugement commencera par la maison de Dieu. Ceci signifie que nous allons devenir de beaux humains par la main de Dieu qui va nous faire apparaître. Plus nous acquerrons de l’identité propre, plus nous serons pleins de valeur et ainsi Dieu paraîtra être véritable.
C’est hésitants et avec émotion que nous dirons : «  je suis » car c’est ainsi que s’appelle notre Père.
 
AMEN
 
Prions :
Osons croire que Dieu va nous mettre en lumière, qu’Il va nous faire revenir de l’exil au travers des humains qui nous aiment. Et nous recevrons du repos et de la guérison pour nos âmes.
 
Amen.