Tuesday, April 23, 2019

“He’s got the whole wide world in His hands”

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Des sentiers battus
Henk Moorman
 
 
 
Lisons une partie de la lettre aux Hébreux.
Hébreux 2 : 10 – 18.
 
« Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, ait élevé à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issu d’un seul. C’est pourquoi Il n’a pas honte de les appeler frères, lorsqu’Il dit : J’annoncerai ton nom à mes frères, Je te célébrerai au milieu de l’assemblée. Et encore : Je me confierai en toi. Et encore : Me voici, Moi et les enfants que Dieu m’a donnés.
Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il rend impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c’est à dire le diable ; ainsi il délivre tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Car assurément ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham. En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il soit un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, du fait qu’il a souffert lui-même et qu’il a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés. ».
 
 
Que pouvons-nous apprendre d’un tel passage ? Ce matin, vous l’avez entendu, cela résonne à travers tout : nous sommes en train de découvrir comment Dieu est réellement. Un changement s’opère dans notre façon de penser. En même temps, vous constatez évidemment que cela ne se passe pas si facilement. Vous vous dites : « cela fait dix ans que j’ai entendu cette idée et malgré tout, c’est encore comme si elle ne voulait pas entrer en moi, comme si je ne parvenais pas l’assimiler, et cela, malgré mon désir de le faire par des efforts réels.
 
Cela me fait penser à la parabole du semeur où Jésus raconte comment il se fait qu’une partie de la semence ne produit rien alors qu’elle a été bien semée. La première chose qui tourne mal, c’est qu’il y a de la semence qui tombe sur le chemin. Pas sur une route asphaltée, car une telle route n’existait pas encore, mais sur un sentier. Pourquoi la terre s’est-elle changée en sentier ? Parce que les gens ont continuellement emprunté la même trajectoire. Petit à petit, aux cours des années, le sol s’est endurci sous leurs pieds, la terre s’est changée en chemin : un dur chemin, gravé dans le sol. La semence qui y tombe ne trouve plus de terreau accueillant. Elle est immédiatement volée par les oiseaux, dit Jésus. Elle est sans effet, elle ne peut rien produire.
 
« Des sentiers battus ». Je pense que cela se rencontre encore assez souvent dans la pensée des gens. Qu’il existe de ces sentiers battus en vous-même, dû au fait d’avoir si fréquemment entendu certaines choses. Dû au fait que vous avez grandi avec des conceptions spirituelles de votre Eglise ou avec celles du milieu dans lequel vous avez appris à connaître l’évangile.  Dû au fait que l’enseignement que vous avez reçu sur l’évangile ne vous était pas présenté en respectant votre liberté mais qu’il vous était endoctriné. Je me vois encore avec mon cahier de notes, et de noter sans arrêt. Car, il fallait assimiler tout cela, de cette façon, vous saviez au moins comment les choses s’agençaient.
 
D’une part, ce n’est évidemment pas mauvais d’enseigner comment s’agencent les choses spirituelles et de s’y approfondir. Il s’agit plutôt de l’atmosphère dans laquelle cela se passe et à partir de l’esprit dans lequel les choses sont endoctrinées. Pourquoi cela est-il nécessaire ? Quelqu’un d’honnête qui reconnaît une chose comme vraie l’acceptera avec joie. Cela ne demande aucune contrainte. Si l’on pratique malgré tout cette méthode, à un moment donné des sentiers battus se créeront en vous dans votre façon de penser. Et si par après on y sème une autre semence, celle de la liberté, vous découvrez qu’elle n’a pas même l‘occasion de prendre racine, car le sol est tellement endurci. Souvent, l’idée s’y cache que croire n’est qu’une question de reprendre et d’accepter un système mental, d’adhérer à un ensemble de doctrines et de vérités. Un ensemble d’idées et d’affirmations,  par rapport à qui est Dieu et de quoi est faite la réalité. Et vous dites « oui, » à tout cet ensemble. C’est donc cela votre foi.  L’on vous présente un paquet entier auquel vous dites « oui ». Voilà donc votre foi.
 
On remarque assez souvent que des gens qui croient de cette façon ne disent pas : « Je crois » mais : « Nous croyons » ou « chez nous, dans notre communauté, nous croyons ceci ou cela » . Vous avez ainsi ce qu’on pourrait appeler « le paquet de la foi ». On vous le sert sur un plateau et il vous est ardemment endoctriné. C’est exactement comme avec les tables de multiplication de 1 à 10. Ce n’est qu’une question de répétition à l’infini, mais finalement elles entreront. Mais essayez une fois de vous en débarrasser par après !
 
Quelles sont donc « ces sentiers battus » ? Vous pouvez vous-même en trouver des exemples. La conception que je viens de citer, notamment, que croire est une question de reprendre un ensemble de vérités, de s’en bourrer le crâne, de bien s’en inculquer, voilà  un de ces sentiers battus.
 
Encore quelques exemples : un Dieu qui exige que les gens obéissent avec une telle répartition des rôles que Dieu parle et que les gens n’ont qu’à répondre par oui et amen.  Encore un de ces sentiers battus. Combien cette relation en entre Dieu et les hommes n’est-elle pas ancrée en nous !
Mais si vous regardez Abraham, « le père des croyants », vous constatez que cela ne fonctionne pas ainsi, que Dieu est tout autre. Il ne le fit malheureusement pas au moment où il pensait devoir offrir son fils, mais bien lorsqu’il entendit que deux villes seraient rasées entièrement. A ce moment, Il ne dit pas : « Dieu, Tu le dis, Tu as parlé et Tu en as toutes les raisons de le faire, qu’il en soit ainsi, qui suis-je pour le contester ? » Non, Il discute avec Dieu. Lisez-le, ne fut-ce que par curiosité, cela se trouve dans Genèse chapitre 18. Et Abraham ne s’y prend pas prudemment.  Il ne dit pas « Dieu, je ne veux pas être brutal, mais peut-être que je pourrais aussi placer un mot ». An contraire, quand les messagers qui lui ont annoncé le sort de Sodome et Gomorre sont repartis, il se trouve tout simplement écrit : « Mais Abraham se tint encore en présence de l’Eternel ». et Lui dit sans détours « Feras-Tu aussi périr le juste avec le méchant ? Tu ne peux tout de même pas faire une chose pareille ! Il se pourrait bien qu’il y ait encore cinquante justes dans cette ville. Tu les feras aussi périr ?  Loin de Toi cette manière d’agir ! » En fait, Abraham dit à Dieu « Seigneur, Tu ne peux pas faire cela. Ce n’est pas du tout Toi » Un tel dialogue, une telle discussion est loin  de dire « oui et amen » Il entre vraiment en conversation avec Dieu. Je trouve cela magnifique. Abraham n’avait visiblement pas encore tant de problèmes avec cette sorte de sentiers battus. En tout cas, pas sur ce point-là.
 
D’autres exemples de sentiers battus : l’idée qu’un Chrétien doit toujours être positif, qu’il doit toujours céder et rester gentil. Comme si ce ne serait pas chrétien de nommer les choses qui ne sont pas bonnes et d’indiquer des limites et de rendre clair quelles sont les valeurs.
Encore un de ces sentiers battus : l’idée que Dieu est là pour résoudre tous mes problèmes, surtout mes problèmes physiques. Et si cela ne se passe pas, surgit le doute sur la fiabilité de Dieu ou peut-être aussi le doute sur vous-même, que c’est chez vous que quelque chose ne va pas.
 
Ainsi, il existe encore beaucoup de ces sentiers battus dans la pensée des gens. Que faut-il en faire ? Je dirais : labourez, défrichez, retournez la terre ! Faites-en à nouveau un champ où les pieds peuvent s’enfoncer, un sol où la semence de la liberté,  de la restauration et de l’amour de Dieu peut prendre racine.
Celui qui essaie de le faire constatera que cela ne se fait pas toujours facilement. Pourquoi ? C’est, je pense, parce  que ces sentiers, ces suites d’idées sont souvent soutenues par l‘angoisse. C’est pourquoi j’ai lu ce passage de la lettre aux Hébreux. Ces idées sont entretenues par l’angoisse et celle-ci fait en sorte que l’homme reste prisonnier, esclave de ce système de penser. Peu importe de quel système il s’agit, car chaque système est ennemi de la vie. C’est garanti. C’est pourquoi Dieu aime les gens qui osent penser d’une façon indépendante, libéré de chaque système.
 
Comment cela fonctionne peut se voir dans le récit comme sur les amis de Daniel : Sadrach, Mesach et Abednego. L’histoire de l’adoration de la statue gigantesque que Nabucodonozor a érigée. Toute la masse se prosterne, car un groupe de hérauts venait juste d’annoncer : « Au moment où vous entendrez lez tambourins, les cithares et les cornemuses, en bref, quand la musique se mettra en marche, on attend de vous que vous vous prosterniez devant la statue ». Ceci est immédiatement suivi de la phrase suivante : « tout le monde s’agenouilla ». C’est logique, car le héraut avait ajouté : « celui qui reste debout sera jeté dans le four ». A côté de l’image de la statue, on place d’emblée celle du four : cela montre que nabuchodonosor a très bien ressenti que sans cette menace, les gens auraient dit : « Nous ne nous agenouillerons pas devant cette statue . Nous voulons garder notre dignité ». Mais quand il faut choisir entre s’agenouiller ou être jeté dans le four…..tout le monde s’agenouille, excepté ces trois amis. Finalement, à cause de l’angoisse en face de la mort. Car tel était le choix : s’agenouiller et se soumettre au système ou la mort.
 
En effet, la statue était terriblement imposante. 60 el de haut, environ 30 mètres. Un building de dix étages. Ces proportions énormes ne sont pas un hasard. Elles sont choisies dans le but de faire impression, de faire entrer dans la tête des gens combien ils sont petits et fragiles. Cela montre très bien le caractère typique des dieux qui se cachent derrière cette manifestation. Les idées de l’adversaire de Dieu qui veut toujours intimider et dominer. Il dit continuellement : « cela doit être haut ». Haut, encore plus haut, le plus haut possible. Il veut imposer aux gens une image de Dieu qui est tellement caractérisée par la hauteur et la grandeur qu’en fait, elle devient tellement haute et inhumaine et donc inaccessible à l’homme.
 
Regardons maintenant comment notre Dieu fait une statue : l’homme selon son image, selon sa ressemblance, environ 1mètre 80 de hauteur. Plus haut n’est pas nécessaire. Alors je me dis : quel autre caractère s’exprime ici !
 
L’angoisse de la mort caractérise fortement la façon dont Nabucodonozor impose sa volonté. Il soumet les hommes par l’angoisse. Il ne parle pas d’une mort normale, mais d’être brûlé vif dans un four ardent. Peut-être diriez-vous « l’enfer ». Certaines religions disent : « on n’angoisse pas assez les gens par la mort ? Il faut pire que cela : un feu. Nous devons bien leur mettre dans la tête qu’ils iront en enfer s’ils n’obéissent pas, alors on est sûr qu’ils seront tellement pris par la peur qu’ils resteront dans le système.
 
Et que pensez-vous de Gédéon ? Aussi un récit dans ce genre-là. Gédéon, vous le connaissez évidemment de l’histoire des 300 hommes avec lesquels il fait fuir l’ennemi. Les hommes de Gédéon pourchassent les Madianites avec leurs torches et leurs cornes de béliers. Une armée de plus de 100.000hommes prend la fuite devant eux. Non pas parce qu’ils étaient des combattants hors pair. Les Madianites furent repoussés sans que le moindre combat eut lieu. Gédéon lui-même n’était pas un héros, il n’était pas une figure tellement imposante. Il dit au Seigneur : ma tribu ne représente rien de spécial, et moi-même, je suis le plus jeune de la famille. Malgré tout, Dieu pouvait agir à travers lui, parce qu’il avait d’abord renversé l’autel et le pieu sacré de Baal dans son village.
 
Dieu lui avait dit : « Gédéon, renverse l’autel qui a été érigé pour Baal et abats le pieu sacré qui se trouve à côté de lui ».
 
Ce n’était pas rien. Déjà par sa hauteur, ce pieu sacré était imposant, on se sentait petit à côté de lui. Il ne fallait pas y toucher car il était sacre, dédié, voué à la divinité. Aucune discussion n’était permise à ce sujet, c’était irrespectueux si on le faisait. Plus fort encore : c’était blasphématoire. L’angoisse qu’il suscitait était grande. Celui qui osait y toucher ou mettre cette attitude en question provoquait la colère de Dieu sur lui. Donc, il valait mieux se tenir tranquille.
 
Mais Gédéon le fait malgré tout,. Avec ses 10 amis, il abat ce poteau le pieu. Mais il le fait la nuit. « Par peur de sa famille et des habitants de la ville » est-il écrit. Parce qu’il pensait : « cela les mettra en colère et je les aurai tous contre moi ». Cette puissance doit vraiment être très forte pour que les gens ne fassent pas ce qu’ils voudraient vraiment faire : la peur du « qu’en dira-t-on, de la famille, des voisins » ? Gédéon ressentait tout de même un pincement, mais il le fit malgré tout ! Le lendemain matin, les habitants dirent : Quoi ! l’autel est parti, le pieu sacré aussi ! qu’est-ce qui arrivent ? Leur investigation les mène très vite à la découverte que Gédéon est le responsable. Que font-ils ? Ils ne vont pas trouver Gédéon, mais bien son père, Joas. Ils se trouvent à sa porte et exige revanche. « Joas, appelle ton fils. Il doit mourir ». Oui, vous l’entendez, la voilà à nouveau : la mort qui procure l’angoisse : il doit mourir, il a renversé le pieu sacré et l’autel. On voit clairement la menace, la peine de mort qui tient le système intact et qui fait en sorte que les hommes n’osent pas se libérer des idées que le système leur impose.
 
Je trouve la réaction du père de Gédéon magnifique. Il n’éssaie pas de conserver la sainte paix en faisant comme si cela n’était pas si grave. Il ne dit pas : « Oui, c’est très ennuyeux, mais vous savez comment ça va, les jeunes entre eux, ils ont fêté, il était tard, les choses ont dérapé ». Présente-t-il ses excuses ? Essaie-t-il de ménager la chèvre et le chou ? Non, pas du tout ! Il dit « Ecoutez bien : Baal ne pense qu’à lui. Qu’il se défende donc lui-même. Mais si vous touchez à mon fils, aujourd’hui même vous serez morts. » En effet, ce n’est ni très nuancé ni très poli, mais bien très clair. Je pense que ce père est une belle image de Dieu. Ayez donc un père qui vous défende de cette façon ! Je trouve cela magistral.
 
 
Et ainsi, il en était bien fini de ce pieu sacré et de cet autel. Visiblement il est donc préférable deremettre des choses en cause et de s’en défaire définitivement. Il existe beaucoup de pieux sacrés, de ces idées et doctrines dont vous devez vous distancier. Dire que Dieu est tout autre, qu’Il n’est pas le tyran qui domine sur vous et devant lequel vous vous sentez misérable n’est pas partout accepté. L’idée règne qu’il faut obéir en tout aux responsables de la communauté. Et si vous voulez devenir membre, de signer un formulaire, promettant de se soumettre à la direction. Il y a des communautés où il ne faut pas mettre ces choses-là en cause, car dans ce cas, vous touchez à un pieu sacré. Des gens comme Gédéon disent : ce pieu, je l’abats. Je ne me laisse pas restreindre par l’angoisse. Je pense qu’il avait déjà compris tant de choses de Dieu qu’il savait que le Père le défendrait, qu’il pouvait compter sur Lui.
 
Parlant de systèmes et de l’angoisse, que penser des Israélites en Egypte ? Etant maltraités, ils construisaient pour les Egyptiens, sous la menace et l’angoisse et la maltraitance est-il écrit. .Ils devaient fabriquer des briques et construire des villes à provision. La tantième construction religieuse. Ils ne le faisaient pas par plaisir, mais purement par peur. Cette peur était fortement entretenue par les paroles du Pharaon : « Ce peuple ne veut pas écouter. En plus, ils se multiplient si vite qu’ils sont presque plus forts que nous. Savez-vous ce que nous allons faire ? «  Tous les garçons qui naîtront, nous les tuerons d’emblée », une telle déclaration entretient l’angoisse. Et voilà à nouveau cette menace de mort. En fait, il se trouve écrit : « tous les fils doivent mourir » Tout ce qui est masculin. Cela n’a pas de rapport avec l’homme ou la femme comme tels, mais bien avec le masculin dans l’être humain. Il s’agit de sa puissance d’opposition et de résistance. Celle qui lui permet de dire : « Nous n’acceptons plus cette servitude, nous nous opposons à cet esclavage ». Cette force spirituelle, cette pulsion-là dans l’homme, si vous parvenez à vous la soumettre, vous avez des esclaves. Dans ce cas, vous savez que vous resterez le maître. Tous les fils doivent mourir, en sorte que vous ne puissiez vous rebeller.
 
Dans Hébreux 2, Dieu donne une solution : Jésus donne sa vie, afin chacun qui par la peur de la mort est condamné à l’esclavage, soit délivré. C’est en fait la clé dont Dieu dit « S’il vous plait : tout cet esclavage, toute cette angoisse, tous ces sentiers battus sur lesquels vous continuez à marcher pour garder votre sécurité, pour échapper au risque : Je vous en délivre, je vous en libère, car je conçois une chose par laquelle vous pourrez dire : « la mort » ? Je ne la connaîtrai et ne la goûterai plus en toute éternité. Je ne dois plus en avoir peur. »
 
Être délivré de l’esclavage qui est la conséquence de l’angoisse de la mort. A ce rapport, je me dis parfois que nous devrions parler plus souvent de la mort. On préfère ne pas en parler, mais en fait pourquoi pas ? Ce sujet est encore toujours entouré des idées que « c’est un sujet trop lugubre, qu’il vaut mieux le garder à distance » ? Vous pouvez dire que ce n’est pas un sujet réjouissant, donc pourquoi en parlerions-nous ? Mais ne s’y cache-t-il pas une notion très primitive derrière ce refus, notamment celle qui dit : « Si vous ne la nommez pas, elle n’existe pas, vous ne la provoquez pas ».
Il peut se cacher beaucoup d’angoisse derrière ce refus. Une certaine insécurité aussi ou un manque de clarté. Pour moi, cela a toujours été très clarifiant d’entendre dire : « chacun sait que le jour viendra où il devra quitter votre corps terrestre.  Tout dépend de quel côté vous regardez les choses, car partir signifie à la fois arriver. Quelqu’un qui part d’ici, va quelque part.
Vu de l’autre côté, quelqu’un arrive. Mourir n’est pas uniquement partir mais en même temps aussi arriver.
Jésus délivre de l’angoisse de la mort et de l’enfer. En cela, oui, en premier lieu en cela, Dieu a montré son amour pour homme. L’amour, c’est bien plus que ressentir un sentiment profond et chaleureux envers quelqu’un.
 L’amour, c’est faire vraiment quelque chose pour quelqu’un , afin que celui-ci puisse à nouveau avancer, vivre. Dieu vous a délivré de l’esclavage. Vous ne devez plus courber l’échine. Plus fort encore : C’est Dieu qui se penche vers vous. Car Il est plus grand que vous et le plus fort s’adapte au plus faible. Il est un Dieu qui montre son affection. C’est ce que je trouve si précieux dans l’évangile. Ce que je trouve si merveilleux de Jésus, c’est qu’Il agit toujours à l’inverse du monde.
 
Jésus délivre. Jésus, comme il est écrit, vous pardonne vos péchés. Une parole merveilleuse. Réconcilier. Ici, il se trouve écrit : Jésus vous réconcilie avec Dieu, en vous pardonnant vos péchés, en les portant sur la croix. « Je vous réconcilie avec Dieu » dit Jésus. Cette parole exprime typiquement le caractère de Dieu : toujours en train de rassembler ce qui est séparé, ce qui est dispersé. L’homme et Dieu. Mais aussi, l’homme avec ses divisions intérieures, afin qu’il redevienne intérieurement un et qu’il ait la paix avec lui-même. C’est cela la paix sur terre !
 
Le travail de l’adversaire de Dieu est de disperser ce qui doit être réuni.  L’œuvre que Dieu  a opéré en Jésus est de rassembler ce qui a été séparé et qui convient d’être uni.
Réconcilier, c’est rassembler, c’est faire la paix. Jésus te réconcilie avec Dieu. Ce qui signifie qu’il y a une bonne relation entre Dieu et toi.
 
La question se pose : « Es-tu aussi réconcilié avec toi-même » ? Es-tu en paix avec toi-même ? Car en fait, l’un ne va pas sans l’autre. Es-tu aussi réconcilié avec toi-même ? Qu’est-ce que je veux dire par là ? D’une part, je pense à ce que tu désires être ou que tu penses devoir être. Ou que tu aimerais être aux yeux d’un autre. Ou comme tu devrais être, pour répondre aux normes de Dieu. Et d’autre part, je pense à toi, comme tu es dans la réalité quotidienne. Avec tes manquements, avec tes insuffisances, avec tes côtés mesquins, avec ta vanité, avec parfois même avec ton égoïsme, avec tes contretemps et tes habitudes, avec tes fautes, avec ces choses dont de temps en temps tu as honte. Ces deux,  ton « moi idéal » et ton « moi-réel » sont-ils réconciliés ? Car, si cela n’est pas le cas, tu dois constamment courir de l’un à l’autre. A la longue, cela provoque une division et tension intérieures en toi. C’est si beau que ces deux, la personne que tu aimerais tellement être et celle que tu es en fait coïncident en Jésus. C’est pourquoi tu peux dire : ce « moi » ; cette personne de la réalité quotidienne, avec ces manquements, est tout simplement acceptée par Dieu. Vis donc ta vie à partir de cette conscience et n’essaie pas de te mettre dans la peau de cet idéal de ce « moi idéal » en te montrant extérieurement sous une autre forme.
 
Jésus unit ces deux « moi» et cela commence par le pardon. C’est en cela que l’amour du Père devient visible. Le Père t’aime inconditionnellement. Cela signifie : ta vie comme elle se présente actuellement et pas telle qu’elle se présenterait si Dieu y avait en d’abord enlevé ce qui ne correspond pas à l’image idéale. Donc, montre-toi simplement comme tu es sans chercher une approbation en te demandant si c’est assez bien pour Dieu, si tu réponds bien à ses idées et à son idéal élevé ? Si tu partage ta vie avec Dieu, ce changement se fera. Il en sera la conséquence.
 
Oui, La réconciliation ! J’y pense aussi par rapport à l’union entre  l’homme ancien et le nouveau. Parfois, on fait encore cette différence-là. Chez beaucoup de gens, se produit à leur conversion une sorte de coupure dans leur existence.  A partir de ce moment-là, celle-ci se divise en « une vie avant la conversion » et « une vie après la conversion ». Avant la conversion, c’était l’homme ancien et après la conversion, l’homme nouveau. On crée une sorte de contradiction, une sorte d’hostilité vis-à-vis de cet homme ancien, vis-à-vis de l’homme que tu étais avant ta conversion. Car, te disait – on : tu commençais une nouvelle vie, ce qui signifiait que tu devais renier la vie que tu avais vécue jusqu’à ce moment-là, t’en distancier, car elle ne valait rien.
 
Mais les choses que tu as vécu depuis ta jeunesse t’ont pourtant formé. A certains égards, elles t’ont évidemment aussi déformé et endommagé. Certainement. Mais aussi formé. Tu es à présent qui tu es par tout ce que tu as vécu, les choses positives comme les négatives. C’est une donnée. Indiscutablement, il se sont passé des choses dans ta vie qui t’ont fait du mal et dont tu portes encore les traces. Mais le Psalmiste dit à Dieu « Conserve mes larmes dans ton vase ». Ceci est dit à partir de la conscience que Dieu était aussi présent au moment où toutes ces choses de ta vie ancienne. « Dieu dit : « J’y étais, je l’ai vu ». Et tes larmes, elles n’ont pas disparu, Je les ai recueillies dans mon vase ». En d’autres mots : « tes larmes, Je ne les ai pas oubliées, Je dois encore en faire quelque chose. Cette tristesse, je dois encore la guérir à fond.
 
A côté de cela, il y a certainement eu un tas de bonnes choses qui se sont produites. La plupart des gens ont heureusement eu des éducateurs qui malgré leurs manquements ont fait de qu’ils pouvaient faire, ont donné ce qu’ils avaient. Soyez - en reconnaissant. Cela aussi a fait de vous qui vous êtes à présent. Et là où vos éducateurs ont fauté : pardonnez-leur, comme votre Père céleste vous a pardonné.
 
En acceptant toi-même le pardon et en pardonnant à ton tour, tu produis la réconciliation. Et de cette manière, tu brises le principe primitif de l’adversaire de Dieu « divise pour régner », en y opposant un principe encore plus fort : « rassemble et fais vivre ».
 
Je me réjouis du fait, qu’entre nous, et avec l’aide de Dieu, nous sommes de plus en plus capables d’unifier les choses. De rassembler ce qui doit être uni. Laissez-vous réconcilier par l’amour du Père, c’est l’amour parfait dont il est dit qu’il bannit toute crainte.
A ce moment-là, il devient de plus en plus facile d’assimiler sans crainte des idées nouvelles et de les employer. C’est à vous de tester si chaque semence semée ou chaque parole prêchée est une semence de liberté. Si elle est semence de Dieu ou si elle ne l’est pas. Car, même si tu t’occupes avec d’idées nouvelles, il est important de ne pas les accepter comme un ensemble de doctrines et de vérités qui te sont présentées et que tu acceptes sans discernement. Car, avant de vous rendre compte, vous êtes en train de les enfoncer en vous.
Avec comme conséquence que ces choses deviennent à nouveau des sentiers battus. Cela n’est pas bon : ne le faites pas, car croire n’est pas une question de dire oui au système suivant, mais c’est l’aventure de se mettre en route avec Dieu et de découvrir qui Il est. Découvrir qui Il est pour toi. En fait, c’est aussi simple que cela.
 
 
Prions :
 
Père, merci d’être un père comme le père de Gédéon. Que Tu nous défend tout simplement. Que Tu as énormément de sagesse à notre égard. Que nous abattons petit à petit les pieux sacrés de notre vie et que nous découvrons des chemins nouveaux avec Toi. Mais aussi que Tu nous délivres de l’angoisse. Evidement Seigneur, nous savons que parfois il y a bien encore de l’angoisse en nous, mais Tu nous a réellement délivré de chaque raison d’être angoissé en détrônant la mort. C’est merveilleux de pouvoir vivre dans ce climat de tranquillité, de pouvoir devenir des hommes selon Ton image et Ta ressemblance. Je te remercie de tout cœur. Je suis aussi très heureux qu’à tous égards, Tu es en train de tout guérir, la relation entre Toi et nous, la relation à nous-mêmes nos relations aux autres. Quel merveilleux évangile.
Seigneur, nous voulons t’en remercier de tout cœur.
 
Amen.