Friday, April 19, 2019

“He’s got the whole wide world in His hands”

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Comment Dieu est-Il grand?
Message de Henk Moorman
 
 
 
A mon sermon, j’ai donné comme en-tête: « Comment Dieu est-Il grand ». On peut réfléchir indéfiniment sur ce sujet qui est inépuisable. Jean commence sa lettre par : « Nous racontons ce que nous avons vu et vécu. De ce que nos mains ont touché, nous voulons le partager avec vous, afin que vous soyez en communion avec nous, et comme nous en communion avec Dieu le Père et avec Jésus, son Fils ». Jésus Lui-même le dit d’une façon plus figurative : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui », lisons-nous dans l’Evangile de Jean, 14 :23.
Et dans l’Apocalypse, Jésus dit : « Voici, Je frappe à la porte, si tu m’ouvres, j’entrerai et je partagerai le repas avec toi ». Ce sont des images de communion, et de partage. Dieu veut communiquer avec l’homme. Ou mieux exprimé : Dieu aspire à être en communion avec l’homme, Il aspire à une relation confidentielle. Quand quelqu’un dit : « Je veux avoir une relation avec toi », il vaut peut-être mieux fermer la porte, cela ne témoigne point de beaucoup de respect. Mais si quelqu’un dit : « J’aimerais beaucoup avoir une relation de confiance avec toi », il exprime alors un désir. Aucune volonté n’est imposée, C’est une question ouverte. Chaque homme doit décider lui-même s’il y répond ou non.
 
Que faut-il pour avoir une relation intime avec Dieu ? Et bien, le « Notre Père » où Jésus dit : « Savez-vous comment vous devez prier ? Dites : notre Père qui êtes aux cieux, que Ton nom soit sanctifié ». C’est donc la première ligne du « notre Père ». Je pense que pour répondre à cette prière, vous aurez besoin de toute votre vie, combien de temps ne faudra-t-il pas que vous soyez vraiment imprégné de ce que cela signifie d’avoir un Père, avant que vous ayez vraiment sanctifié le nom de Dieu dans votre existence, dans votre pensée. Cela vous demandera beaucoup de temps, avant que vous n’ayez défait le nom de Dieu de tout ce qui colle à Lui et qui ne Lui convient pas. Tout ce qui colle à ce nom et qui fait obstacle pour que l’homme puisse entrer dans une relation intime, confidentielle avec Dieu. A vrai dire, nous en aurons pour longtemps.
 
Qu’est-ce qui fait obstacle ? Surtout l’idée de la grandeur de Dieu, je pense. C’est pourquoi j’ai commencé en disant : Comment Dieu est-il grand ? Dieu est grand, chacun de nous sera d’accord sur ce point. Mais la vraie question est : de quelle façon Dieu est-Il grand ?  Beaucoup de gens se sont fait une certaine image de Dieu qui, je pense, provient en grande partie de l’Ancien Testament. On y parle d’un Dieu redoutable qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, dont on ne se moque pas, et qui produit tout de sa main puissante : un Dieu dont la colère n’est pas à sous-estimer quand il s’agit des désobéissants. Une image dont les gens disent : Voilà un Dieu qui est grand. Cela ressort aussi dans beaucoup de nos chants. Cette idée de la grandeur de Dieu est profondément enracinée. « Grand » est donc ici synonyme de « puissant », d’une « puissance écrasante », « mener tout au doigt et à l’œil ». Dans l’un de nos chants, nous chantons : Notre Père si grand, si fort et si puissant, il n’y a rien qu’Il ne sait faire ». C’est donc cette image que les gens ont de Dieu.
Alors je me dis : Dieu est-Il vraiment ainsi ou est-ce l’image de Dieu telle que des gens l’ont conçue d’après leur idée de Dieu ? Si c’est exact, quelle en est alors la mesure ? C’est l’homme. On commence à raisonner à partir de l’homme. Dans ce cas, Dieu est une sorte de superman : Il sait faire tout ce que l’homme sait faire, mais disons, des millions de fois en plus. Plus fort encore : Dieu sait tout faire à l’infini. Et voilà, l’image de Dieu que beaucoup de gens ont.
Je lisais un livre d’un prédicateur qui écrivait à ce sujet : Il disait : « C’est une image tellement païenne de Dieu ».
L’Être Suprême – c’est le nom qu’on Lui donne – est vu comme un agrandissement énorme de ce qu’est l’homme. Pensez à une sorte de super-homme que vous multipliez à l’infini, dans votre représentation, et vous avez Dieu. Il sait faire tout ce que l’homme fait, mais à l’infini. L’homme voit, mais Dieu voit tout. L’homme est présent, mais Dieu est omniprésent. L’homme peut savoir beaucoup, mais Dieu est évidemment l’omniscient. L’homme peut être satisfait de lui-même, mais Dieu est tout-suffisant. Ce qui correspond à dire : Dieu se suffit à Lui-même. Personne ne peut rien y ajouter. Dieu est tout simplement heureux avec Lui-même. Il est heureux au ciel, et dans le ciel, et Il est indifférent si toi, en tant qu’homme, tu L’aimes, tu Le prends au sérieux, et tu désires entrer en relation avec Lui, tout cela Lui est indifférent. Cela ne change rien à son bonheur. A ce rapport, Il est inchangeable, immuable et impassible.
Le pire de tout, c’est que la propriété qui fait de Lui un Dieu, et qui est évidemment sa toute-puissance. L’homme peut être puissant, mais Dieu est tout de même tout-puissant, le dominateur par excellence. C’est malgré tout, la propriété qui plus que toutes autres, est typique de Dieu. L’idée qu’il y ait quelque chose que Dieu ne puisse pas faire, est vraiment inexistante. S’il en est ainsi, Il serait dévalorisé. C’est ce que nous voyons à travers toute l’histoire. Les peuples avaient leurs propres dieux et quand l’un d’eux était vaincu par un autre, le peuple vaincu adhérait au dieu du vainqueur : n’avait-il pas prouvé être le plus fort ! Leur propre dieu n’avait pas prouvé sa puissance.  Dans ce cas, il était intelligent de changer de Dieu Il valait mieux avoir un dieu fort qui puisse vaincre vos ennemis.
 
Je pense que cette idée-là, cette image de Dieu, empêche précisément l’homme d’avoir une vraie relation avec Dieu. Il faut qu’il puisse vraiment fréquenter Dieu en toute confiance et Le voir comme un Père. Car fréquenter quelqu’un avec confiance, intimement, avoir une relation, cela ne se peut qu’avec un égal. Cela ne peut se faire qu’avec un congénère. Regardez  la création. Regardez le monde des animaux. Qu’est-ce qui va ensemble ? Qu’est-ce qui produit la nouvelle vie ? Toujours espèce avec  espèce. Vous ne voyez jamais s’apparier un pigeon à un corbeau, ni un éléphant s’accoupler à une girafe. L’espèce cherche ce qui lui convient : la même espèce. Il en va de même pour l’homme. Ce n’est tout de même pas avec un cheval que vous pouvez avoir une bonne conversation ou que vous aurez le sentiment que votre chat vous comprend. Bien sûr, vous pouvez avoir beaucoup de plaisir avec des animaux, mais vous comprenez bien ce que je veux dire. Une relation mutuelle n’est possible qu’avec quelqu’un de la même espèce. Avec celui-là, vous pouvez avoir une relation de confiance.
 
Faisons une expérience : Supposez que Dieu soit quelqu’un d’un peu semblable à vous, je dis bien supposez. Supposez que Dieu ressemble un peu à vous ou à moi. Quelqu’un qui ne sait pas tout faire, et qui ne connaît pas tout. Quelqu’un qui ne résout pas les problèmes en un tour de main. Quelqu’un qui ne change pas une situation par hocus-pocus. Soyez honnête, combien de gens n’y a-t-il pas qui prient comme si Dieu pouvait tout faire. Ils prient, et prient encore jusqu’à ce que finalement Dieu change tout d’un seul coup. Cette attitude provient de leur image de Dieu : Dieu sait tout faire.  Mais immédiatement après surgit la question inévitable : « Pourquoi ne Le fait-Il pas ? Je prie déjà depuis si longtemps, si intensément et avec tant de persévérance ». Supposez que Dieu ne sache pas tout faire, est-ce grave, qu’est-ce que cela peut bien faire ?
Quant à moi, cela me donne de l’espace, dans ce cas, c’est plutôt un Père, un égal. Quelqu’un pour qui compte ce que vous pensez, comment vous vous engagez, comment vous vous préoccupez. Comment vous vous comportez vis-à-vis de Lui, car cela détermine à nouveau sa réaction et son attitude par rapport à vous. C’est cela, avoir une relation, être en communion. La véritable relation se caractérise par la réciprocité : cela veut dire que ça vient des deux côtés, qu’il y a un aller-retour.
Je pense que Dieu aspire à cela. Descendre de son trône, façon de dire. Représentez-vous un palais où dans la grande salle, le roi siège sur son trône, entouré de ses ministres et de ses conseillers. Est-ce un lieu où on peut vraiment avoir une relation intime et confidentielle. Ce trône est grand, on pourrait s’y asseoir à deux desuus. Mais malgré cela, ce n’est pas possible. A la relation de confiance, à la communion avec quelqu’un ne convient ni un palais, ni un trône. Avec des dominateurs, une telle relation est impossible, mais cela n’est réalisable qu’avec celui qui s’approche de vous dans le respect de qui vous êtes.
 
Evidemment, vous vous heurtez d’emblée à d’autres questions. « Mais », dira quelqu’un, « Je ne comprends pas, Dieu est tout de même ma force, Dieu est mon refuge. N’est-ce plus vrai ? » En effet, c’est une bonne question, car en tant qu’homme, nous avons besoin de cela. Nous avons besoin de pouvoir nous adresser à quelqu’un dont nous savons qu’ici, nous sommes en sécurité. Serait-il donc vrai que vous êtes en sécurité auprès de Dieu, parce qu’Il habite une lumière inaccessible ? Ce qui est écrit dans 1Timotée 6 :16, « Dieu habite une lumière inaccessible ». Alors je pense : « Inaccessible, en effet, mais inaccessible aux ténèbres, pas inaccessible à l’homme » Il est tout de même difficile de s’imaginer que la lumière de Dieu serait inaccessible pour nous. Que Dieu dirait : « Je désire une relation avec vous, mais vous ne pouvez pas m’approcher à cause de la lumière inaccessible ». En vous rapprochant de Dieu, vous vous heuretriez à une lumière brûlante devant laquelle on ne peut que reculer. Les deux ne vont pas ensemble. Je pense en effet que Dieu habite une lumière qui est inaccessible et brûlante pour les ténèbres. Elles devaient rester à distance, car la lumière et les ténèbres sont incompatibles. Je suis convaincu que pour ceux qui aiment Dieu, c’est une lumière agréable et réchauffante dans laquelle vous vous sentez bien. Car quand vous êtes à cet endroit, les ténèbres ne savent pas s’approcher de vous.
Je pense que c’est cela ce  bastion sécurisant, ce refuge et cette force. Celui qui marche dans la lumière y trouve de la protection. Celui qui a accepté le Seigneur, marche dans la lumière. On pourrait dire : marche dans le monde de ses idées. Si vous vivez dans cette sphère, dans ce monde d’idées, dans cette proximité, vous êtes en sécurité.
 
Evidemment, on aboutit à d’autres questions : en fin de comptes, si vous dites : Dieu est un peu comme vous et moi, quelqu’un rétorquera de droit : « mais Dieu n’est tout de même pas un homme. Dieu n’est-Il pas plus qu’un homme ? » Bien sûr, Dieu n’est heureusement pas un homme. Dieu est Dieu et nous sommes des hommes et tenons-nous en à cela. Il est celui qui a tout commencé, celui d’où tout est sorti, l’homme aussi. Il est celui qui nous a fait sortir de l’Egypte, de la maison de servitude et d’esclavage. Il est celui qui a la vue d’ensemble et que nous n’avons pas. Il est plus, tellement plus. Dans la lettre aux Ephésiens se trouve écrit dans 3 :20 : « Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons ». S’Il peut faire cela, Il doit donc être infiniment plus que tout ce que nous prions ou dont nous sommes conscients. Mais comment remplissez-vous ce « plus » ? Avant que vous ne le sachiez, vous le remplissez une fois de plus par « grand » et « imposant ». Cette image de Dieu nous est presque inné.
 
Cela me fais penser à la statue de Nabocodonozor. Nous lisons cela dans Daniel, chapitre 3. Nabucodonozor fait une statue en or de 60el de haut. C’est environ 30mètres. L’équivalent d’un building de 10 étages. C’est impressionnant, à côté, vous vous sentez tout petit. Tout le monde devait s’agenouiller devant elle . Agenouillé, on se sent encore plus petit. Et celui qui n’était pas encore assez impressionné et qui avait encore assez de courage, était brisé d’angoisse devant la fournaise ardente qui se trouvait à côté de la statue. Cette statue de Nabucodonozor, c’est l’image païenne de « Dieu est grand ». C’est l’image de Dieu qui représente la toute-puissance et le plus grand dominateur. Elle convenait tout à fait à Babel : le principe de Babel était le pouvoir. Babel était imprégnée de pouvoir et le noyau de l’image babylonienne de Dieu était aussi le pouvoir. Mais cette image-là ne vaut rien. Devant un Dieu dont la grandeur est vue de cette façon-la, moi, je me sens tout petit.
 
Il y a bien longtemps, j’ai vu dans une revue chrétienne un dessin qui représentait Dieu. C’était une immense figure sur un trône qui remplissait toute la page et tout en dessous, il y avait de tout petits traits : les hommes. En effet, si vous pensez de cette façon, sur « Dieu est grand », cela se trouve tout de même en contradiction avec l’idée « d’une relation de confiance avec Dieu », ce serait tout à fait impossible, l’un exclut l’autre. Si vous remplissez ainsi « Dieu est grand » vous avez une image païenne. La même chose vaut par rapport à l’idée de « moins ». Si tu dis : « Dieu est plus, nous sommes moins » et si tu remplis « moins » par « d’un ordre inférieur, de peu de valeur, qui n’en vaut pas la peine », vous avez rempli cette notion de Dieu de la mauvaise façon. L’homme n’est pas d’un ordre inférieur. Jésus ne nous enseigne-t-Il pas que Dieu est notre Père ? Nous sommes donc de sa race. Un enfant est en effet plus petit que son père, mais il n’est pas inférieur. Un enfant sait moins et connaît moins que son père, mais à cause de cela, il n’est point inférieur à son père. Je l’ai déjà dit : Dieu est Dieu et l’homme est l’homme. Gardons ce rapport, sans en conclure que Dieu étant plus grand, l’homme serait donc inférieur et sans valeur. C’est le mensonge sur Dieu qui a été propagé à travers les siècles, et qui a fait en sorte que l’homme ne pouvait pas Le fréquenter, comme Dieu Lui-même l’a désiré depuis le début : une relation de confiance, de respect.. C’est tout autre chose que sur pied d’égalité, car l’homme n’est pas égal à Dieu. L’homme est de la même race, mais bien différent.
 
« Dieu est plus » disais-je dans mon introduction par rapport à ce texte de la lettre aux Ephésiens. « Or, à celui qui peut faire en nous, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de ce que nous prions ou pensons » se trouve-t-il écrit. A la puissance qui agit en nous, nous pouvons donc voir combien Dieu est grand. A quoi pouvons-nous voir cela ? A ce qu’Il réalise en nous. Et quel est l’œuvre de Dieu en moi ? Quand je vois ce que Dieu a réalisé en moi depuis toutes les années que je Le connaîs, j’en conclue que ce ne sont pas des choses spectaculaires, ce sont plutôt des choses simples très proches de moi. Celles dont la Bible dit dans Zacharie 4 :10 : ne méprise pas le jour des petites choses. Notre Dieu n’est pas le Dieu des choses spectaculaires qui époustouflent l’homme, mais Celui des petites choses. Je parle de l’humilité, de la douceur, de la compassion, du souci de l’autre, du désir d’être le moindre. En bref, la disposition qui est en Jésus, en d’autres mots : l’amour. Finalement, si je résume, je pense que c’est cela ce que Dieu réalise en nous : l’Amour. La force qui réalise cela  n’est pas une force violente, mais une «  douce puissance ». C’est précisément en cela que Dieu est plus ; Il est notre supérieur dans            l’amour.
 
Ce n’est pas un hasard si Paul, dans cette même partie de la lettre aux Ephésiens où il dit que Dieu sait faire infiniment plus, il ajoute en même temps : « Je prie pour que vous puissiez comprendre quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour du Christ ». Que vous soyez capable de concevoir cet amour. Car, c’est en cela que Dieu est grand, dans l’amour. Un amour désintéressé, inconditionnel illimité !  C’est indescriptible. Saisir cela est plus que comprendre, il faut le vivre, le sonder, l’expérimenter,  en être pénétré de tout son être , bref, en être rempli.
Je prie, dit Paul, que vous puissiez en saisir toutes ces dimensions. Il vous faudra une vie entière pour en arriver là et même plus, vous n’y arriverez pas seul, vous avez besoin des autres. Paul dit : ensemble avec tous les saints, vous serez capable de concevoir cela. Ce n’est pas pour rien que Dieu nous a donnés les uns aux autres. Sans l’autre, il me sera jamais possible de saisir cette longueur et largeur de l’amour de Dieu. Cette connaissance me préserve de tomber dans le fossé de croire  que je peux y arriver seul.
 
L’amour du Père englobe un tas de choses ; la patience par exemple. Evidemment, Dieu a infiniment plus de patience que moi, Il a infiniment plus de compassion que moi, et comme je m’en réjouis ! Oui, Il est  infiniment plus désintéressé que moi, comme j’en suis heureux. Et Il est bien plus créatif dans l’invention des solutions et des possibilités nouvelles ; Il découvre de nouvelles ouvertures, de nouveaux chemins pour faire de la lumière dans les ténèbres. Heureusement qu’Il  pardonne infiniment plus que moi,. En toutes ces choses, Dieu est infiniment supérieur. Mon Dieu, que je suis heureux que Tu soit grand de cette manière. C’est une grandeur rassurante : Elle ne vous rapetisse pas, elle ne vous amoindrit pas, non, elle vous fait grandir. C’est une grandeur qui vous élève, elle fait en sorte que vous aussi, vous soyez grand, mais de la même manière que Lui. Que vous deveniez homme, comme Dieu l’a voulu dès le début.
 
Assurément, d’autres questions se posent : Quelqu’un dira peut-être : « Mais il se trouve tout de même écrit :  « Le Fils de l’homme reviendra avec  grande puissance et avec gloire » (Marc 13 :26). Et Jésus Lui-même dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre ». Matth. 28 :18). Quand vous entendez cela, il s’agit bien de quelqu’un qui possède une puissance supérieure. Si quelqu’un possède toute la puissance dans le ciel et sur la terre, alors personne d’autre n’a encore du pouvoir. Oui, en effet, Le Seigneur le dit. Mais lisez-le bien dans son contexte. « Le Fils de l’homme reviendra avec grande puissance et gloire », se trouve-t-il écrit. Mais pourquoi ? Cela aussi est écrit. Dans Marc vous lisez : pour envoyer mes anges et pour rassembler tous les élus, pour rassembler les élus de tous les points cardinaux ». C’est à cela que sert cette puissance. C’est une caractéristique typique de Dieu : rassembler, réunir.  Nous avons tellement tendance à relier la puissance de Dieu à sa capacité de faire des choses spectaculaires et à détruite nos ennemis. Mais la puissance de Dieu se manifeste surtout dans le fait qu’Il rassemble ceux qui veulent Lui appartenir. « Rassembler sous ses ailes » dirait-on pour employer une image. Voilà le contexte.
 
Il m’a été donné toute la puissance dans le ciel et sur la terre ». Dans quel rapport Jésus le dit-Il ? La réponse suit : « Faites de toutes les nations des disciples ». On n’y goûte point le désir suivant : Il m’a été donné toute puissance dans le ciel et sur la terre, donc, Je vais me montrer très puissant et détruire définitivement tous les ennemis. Non, « Faites des nations des disciples », c’est cela qui se trouve écrit immédiatement après cette phrase. La puissance de Dieu est donc sa capacité de relier des hommes à Lui. Et comment relie-t-on des hommes à Dieu ? Cela peut se faire de différentes façons : l’obéissance peut vous y forcer, le respect, l’admiration aussi, précisément en faisant des choses spectaculaires et grandes. Mais la seule chose que vous ne pouvez forcer, c’est l’amour. Et c’est précisément cela ce que Dieu veut : que l’homme vienne à Lui par amour.
Si vous voulez relier quelqu’un à Dieu sur cette base, cela se peut uniquement si Dieu est attirant pour l’homme. Donc, qu’il soit un Dieu dont on ne doit pas avoir peur, un Dieu auprès duquel on ne se sent pas petit, mais chez qui on se sent aimé et en sécurité. Cela n’est possible que si l’homme sait voir Dieu comme étant celui qui l’aime plus que n’importe qui. En bref, la puissance de Dieu que nous aussi nous pouvons employer, est la capacité de faire montrer aux autres combien le Père est rempli d’amour pour l’homme.
 
Dans le Nouveau Testament, il y a un texte où Dieu est qualifié de « grand ». En dehors de celui-là nous ne trouvons nulle part dans le Nouveau Testament que notre Dieu est grand. C’est quand Paul écrit à Tite (2 : 13) : « Nous attendons la venue de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus-Christ ». Ici, cela concerne Jésus, mais enfin, on peut dire que ce qui vaut pour Jésus, vaut aussi pour Dieu. « Nous attendons notre grand Dieu et Sauveur, Jésus-Christ », mais qu’est-ce qui suit par après ? Rien par rapport à la puissance, au pouvoir ou à la violence. Il se trouve écrit : « Qui s’est livré pour nous ». Donc, c’est en cela que s’est manifesté son pouvoir et sa grandeur, au moins dans le Nouveau Testament. Dans l’Ancien, la vue est quelque peu différente ; là, comment le Père est réellement, nous y est manifesté que partiellement. Si vous voulez savoir comment Dieu est réellement, vous devez regarder Jésus. La Bible ne dit-elle pas dans Jean, 1 :18 : « Personne n’a vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître ». Et Jésus nous a montré que la puissance de Dieu est la puissance supérieure de son amour qui s’offre lui-même.
 
Encore un autre texte : Ephésiens 1 :19. C’est l’une de ces très longues phrases de Paul, je prends à mi-chemin. Il dit là : je prie qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints et quelle est envers nous l’infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. Il l’a déployée en Christ en Le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes ».
Tout s’y trouve presque, n’est-ce pas ? Cela commence avec la puissance, non pas une simple puissance ordinaire, mais « une infinie puissance ». Et ensuite « la puissance de son pouvoir ». Je me dis alors que c’est un langage musclé, bientôt se manifestera le pouvoir infini de Dieu. Et où tout cela mène-t-il ? Quel en est le résultat ? Que Jésus est ressuscité des morts. A nouveau ce même Dieu qui emploie sa force pour ramener quelqu’un du royaume des morts au  pays des vivants. C’est une puissance infinie. Dieu qui emploie la puissance de son pouvoir pour élever quelqu’un, dans ce cas-ci, Jésus pour lui donner la place qui lui revient : auprès du Père dans les lieux célestes, et bien à sa droite, à la place d’honneur. C’est à cela que servent la puissance et le pouvoir de Dieu : à délivrer l’homme de la mort et du royaume des morts et a le promouvoir à la dignité en lui donnant une place dans les lieux célestes, auprès de Lui-même.
Ce qui importe pour moi, c’est de savoir que si la Bible parle de « puissance, de pouvoir de Dieu », c’est dans ce contexte-là.  Vous devez toujours vous demander : cette puissance de Dieu, à quoi sert-elle ? On peut dire : la puissance de Dieu est sa capacité de faire du bien à l’homme, de le bénir. De rassembler, d’élever, de donner de l’honneur.
Etant donné le fait que Dieu a le pouvoir et qu’il existe un adversaire de Dieu, vous pouvez vous demander : est-ce que Dieu a toujours quelque chose à voir avec le diable ? Ont-ils une sorte de relation agressive ? Où Dieu dirait : « sache bien que Je suis le plus fort, car J’ai tout pouvoir ». Ou est-ce une sorte de paix armée ? Où Dieu dirait à satan : « Je dois bien avouer que cela à tourné mal. C’est bon, tu es maître du royaume des ténèbres, mais Moi, je suis Maître du royaume de la lumière et tu ne toucheras pas à celui-là. Pouvez-vous vous imaginer une chose pareille ? Que Dieu dirait : « Ha, de temps en temps tu fais une petite attaque, vas-y. Si tu veux tester Job, vas-y, mais ne touche pas à sa vie ». Je ne peux vraiment pas m’imaginer une chose pareille.
Y a-t-il vraiment l’iniquité entre Dieu et le diable ? Oui, évidemment dans le sens que la lumière et les ténèbres ne peuvent absolument pas se supporter. Dans ce sens-là ils sont diamétralement opposés, l’un exclut l’autre. Là où la lumière apparaît, les ténèbres doivent bien disparaître. C’est une loi dans le monde naturel et aussi dans le monde spirituel. Mais à part cela, y a-t-il vraiment de l’iniquité ? Je pense qu’il n’y a aucun lien entre des êtres aussi infiniment éloignés l’un de l’autre. Aucune relation, donc pas de relation de combat non plus.
 
La Bible dit qu’il y a bien de l’ininquité entre l’homme et le diable. Plus fort, Dieu a instauré l’homme en ennemi et adversaire du diable. Lisez donc Genèse 3 :15 où Dieu dit au serpent : » Je mettrai l’iniquité entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ». Cela est logique, l’homme peut en effet être abordé par les ténèbres, par le malin. L’homme est préposé comme ennemi du serpent, pas comme sa victime, mais comme adversaire du malin. Comme celui qui imposera une halte à satan. « Je mettrai l’adversaire sous tes pieds », dit Dieu « et j’attends jusqu’à ce qu’il soit devenu un marche-pied sous mes pieds ».
 
« Oui mais » dira quelqu’un, « selon l’Apocalypse, un grand combat doit avoir lieu, une gigantesque épreuve de force dans laquelle Dieu fera enfin quelque chose de grand et jettera toutes les ténèbres et violence dans l’abîme » ?
Si vous lisez bien l’Apocalypse et surtout le chapitre 19, il s’agit d’autre chose. Vous voyez que là aussi, finalement Dieu dit : « l’homme devra le faire » Car, comment la bête de l’abîme est-elle éloignée ? Par ce cavalier sur le cheval blanc et tous les cavaliers qui Le suivent dans leurs robes blanches, immaculées, saintes. Ce cavalier est appelé « Fidèle et véritable » et « la Parole de Dieu ». De sa bouche sort cette épée qui frappe les peuples, les adversaires. Il s’agit des adversaires spirituels. Ce n’est pas Dieu qui avec beaucoup de déploiement de force, règle l’affaire. Ce sont Jésus et les siens qui sont capables de vaincre le malin. Ce n’est pas une gigantesque épreuve de force, avec d’énormes nuages de fumée d’où finalement apparaît que Jésus et les siens sortent vainqueurs du combat. Jésus et les siens arrivent comme des cavaliers monté sur des chevaux – c’est une image – et ils manient la parole de Dieu. C’est avec cette parole que
l’adversaire est battu. La bête est prise et jetée dans l’abîme, même avant qu’elle n’en vienne à faire la guerre.
La puissance réside donc dans la force intérieure, dans la lumière, ce qui est en Jésus et les siens. Je pense que c’est comparable aux événements que nous connaissons de l’époque où Jésus était sur terre. Il ne lui était pas seulement donné le pouvoir de pardonner les péchés, mais aussi le pouvoir sur les mauvais esprits. Il ne s’agit point de combats. Le pouvoir de Jésus s’extériorise dans le fait qu’Il prononce une parole et que les mauvais esprits partent. Car les ténèbres ne supportent pas la lumière. Il y a des situations où elles sentent que la lumière s’approche d’elles et elles se mettent déjà à hurler dès que Jésus se trouve dans leurs parages. « Que vas-tu nous faire, Fils du Dieu très-haut. Es-tu venu pour nous faire souffrir avant le temps ? » hurlent les mauvais esprits dans le possédé de Gardera. Et elles s’enfuient toutes devant la lumière. Je pense que c’est cela la puissance, la force qui est de Dieu et du royaume de Dieu. Rempli de lumière, une lumière qui agit comme un feu dévorant sur tout ce qui est ténèbres.
 
Ainsi, nous voyons écrit dans la Bible que Dieu dit : c’est à vous, c’est à Jésus et à son Eglise de faire en sorte que finalement les ténèbres soient définitivement éloignées de la création. Ces gens qui suivent Jésus sont les gens qui ont répondu à l’appel qui se trouve dans le chapitre 18 de l’Apocalypse : « Sortez de Babylone ». « Sortez, mon peuple », y est-il écrit. « Sortez de Babylone pour que vous n’ayez point  part à ses fléaux ». Car, qu’est-ce que Babylone ? Babylone est la traduction grecque de Babel. Babel est une grande ville, vous connaissez l’histoire. « Construisons une tour et montons jusqu’au ciel » disent les habitants de Babylone. Pourquoi veulent-ils cela ? Qu’est-ce qui les y pousse ? Le pouvoir ! Car, quel est le commencement de Babel ? Le principe de Babel ? C’est le pouvoir ! Lisez Genèse 10 :10 : qui bâtit Babel ? Nimrod (10 :8) : Il fut le premier dominateur de la terre ! Et la première ville qu’il bâtit fut Babel. Il y en a d’autres, Ninive ! Mais la première fut Babel. Donc, la racine, le principe de Babel est une puissance à partir de laquelle ils disent : « Montons jusqu’au ciel, afin que plus rien ne nous soit impossible ». C’est ce qui se trouve derrière Babel. Il n’est pas étonnant que le roi de Babel laisse édifier une statue gigantesque, avec l’ordre que tout le monde s’agenouille devant elle. C’est un monde d’idées savez-vous. Il est évidemment  facile de dire « Babel, oh c’est la fausse église. Regardons autour de nous. Où voyons-nous cette fausse Eglise ? » Je pense qu’il est préférable que nous nous regardions nous-mêmes, car Dieu ne dit pas aux incroyants, mais à son peuple, qu’il doit sortir de Babel. Babel est un monde d’idées. Babel se trouve dans votre pensée, pour autant que vous vous laissez guider par le principe de pouvoir. Cela se trouve dans votre pensée dans la mesure où vous mettez Dieu en rapport avec le pouvoir. « Que Ton nom soit sanctifié » nous enseigne Jésus. Cela signifie : séparez le nom de Dieu et Son Essence de tout ce que les ténèbres sont comme pratique du pouvoir.
La Bible décrit la collision entre deux royaumes. Le combat entre le royaume de Dieu basé sur l’amour et le respect, le royaume de la lumière d’une part et d’autre part le royaume basé sur le pouvoir et la violence. Ce sont deux antagonistes qui aboutissent dans l’Apocalypse à un dénouement. Toute la Bible en parle et certainement l’Evangile de Jésus-Christ.
Cet antagonisme, nous le voyons à travers toute la Bible, mais il se manifeste avec la parution de Jésus. Dans Matthieu 11 :12, Jésus dit : « Le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent ». « Des violents se l’approprient » dit une autre traduction. Ils essaient notamment de s’infiltrer dans la réflexion sur Dieu, de la colorer avec cette image d’un Dieu qui est tellement grand et puissant. On parle encore du royaume de Dieu et de l’Evangile, mais en réalité, c’est devenu un royaume où les dominateurs sont au pouvoir. Ceux-ci imposent dans les communautés et Eglises leur pouvoir aux brebis ; les dirigeants ne sont plus au service des brebis. Ces brebis doivent écouter et exécuter ce qui leur est dit des autorités, car la direction est malgré tout une sorte d’être tout-puissant, pas le vrai, mais un dérivé, un être surême qui commande tout. C’est à cela que vous reconnaissez les dominateurs. Ils ne ressemblent pas au vrai et unique Dirigeant : Jésus qui a tout donné pour servir l’homme, et qui dit : le plus grand dans le royaume est celui qui sert.
 
Ce pouvoir peut se situer dans votre propre pensée. Quand j’essaie simplement d’imposer ma volonté, je suis alors en train d’exercer le pouvoir. Si je veux coûte que coûte avoir raison, j’use de violence. Si je joue le misérable et si je trouve que c’est la faute des autres et qu’ils doivent d’abord se réconcilier avec moi, je suis en train de manipuler et d’exercer le pouvoir. La question est : à quel point cela se trouve-t-il encore dans mon esprit, dans ma façon d’agir. A quel point cela est-il encore présent dans mes idées sur Dieu, car cela va de pair. Si mon image de Dieu est encore plus ou moins pénétrée de pouvoir et de violence, cela ressortira certainement dans ma relation avec les gens. Cela est presque sûr et certain, car c’est un monde idée et tout commence dans la pensée.
Je dirais, sortons tout à fait de Babel, de ce monde d’idées et ne nous approfondissons pas dans la question « Combien Dieu est-Il grand », mais demandons-nous « de quelle façon Dieu est-Il grand » et nous expérimenterons la sphère de Son royaume.
 
Prière
Père, nous Te remercions parce que Tu nous montres tel que Tu es. Il y a certainement encore tant de choses dont Tu dis : « cela, je ne peux pas encore vous en éclairer, mais ce n’est rien. Nous grandissons dans ces choses au fur et à mesure où nous t’accompagnons, parce que nous recevons une image de plus en plus claire de qui Tu es essentiellement. Merci que Tu nous confies ce secret, car c’est un secret. Merci que Tu Te confies Toi-même à nous. Devant certaines choses, nous ne pouvons que rester silencieux. Pour nous, c’est fantastique de savoir que c’est une joie pour Toi de nous accompagner. Que pour Toi, cela fait un monde de différence – peut-être tout un ciel de différence –si nous voulons T’accompagner.
Seigneur, Je te prie que nous puissions le faire en toute délicatesse et en toute humilité. Que nous puissions continuer à sanctifier Ton nom, afin que finalement Tu aies Ta place dans la vie des hommes que Tu aimes tant, pour leur salut.